Bienvenue sur les Terres du Baron Louis de Saint-Prigent, en Lyonnais-Dauphiné - Forum Rôle-Play affilié aux Royaumes Renaissants
 
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Kederick
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Date d'inscription : 27/04/2008

MessageSujet: transition   Dim 27 Mar - 19:50

En ce dernier Dimanche de Mars, la journée touchait à sa fin. L'heure des vêpres arrivait et avec elle, le début de la cérémonie en hommage au Seigneur de Camblaynes.

Au bedeau venu l'informer que le temps était venu, le jeune Diacre indiqua de faire sonner les cloches et d'ouvrir les portes. Quelques instants plus tard, le glas retentit, profond.
A ce sonore et vibrant signal, Louis quitta la sacristie où il se trouvait depuis plusieurs heures maintenant et traversa l'église illuminée de cierges et fleurie de cyclamens. Ainsi éclairé et parfumé, le lieu de prières était prêt à accueillir les fidèles.

Et c'est emmitouflé dans sa mante noire doublée de fourrure que le jeune Saint-Prigent, Livre des Vertus et chapelet à la main, se posta sur le seuil de l'église afin de saluer ceux qui viendraient assister à la cérémonie du souvenir.

Plusieurs personnes, certaines que le jeune seigneur connaissait, d'autres non, passèrent devant lui, le saluant, ou pas, avant de pénétrer dans l'église. Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre en terme d'affluence et préféra donc patienter plus longtemps que de coutume.

Quelques minutes après, quelques mots furent alors glissés au bedeau et peu de temps plus tard, le glas cessa de résonner. Le même bedeau indiqua aux porteurs du cercueil que le temps était venu d'entrer dans l'église.

C'est donc à la tête du cortège portant la dépouille que Louis remonta la nef, accompagné de deux enfants de chœur.

Mains jointes, il psalmodia :

— Après tous nos regards qui ont croisé le sien que Pierre puisse enfin voir Le tien, Seigneur.
Les enfants répliquèrent :
— Seigneur, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Elle poursuivit :
— Après l’amitié qu’il a reçue et qui a guidé sa vie, accorde-lui l’amitié ultime qu’est La tienne, Seigneur.
Ils répondirent à nouveau :
— Seigneur, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Elle ajouta :
— Après les peines et les larmes qui ont obscurci sa vie, illumine sa route pour l’éternité.
Ils répétèrent une troisième fois :
— Seigneur, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Elle conclut :
— Seigneur, nous tournons vers toi nos espoirs à l’heure où disparaît le corps de l’ami qui nous est cher. Accorde-nous l’espérance de le revoir auprès de Toi pour les siècles des siècles.
Amen.


Devant l'autel, un catafalque avait été dressé. Louis et les enfants de choeur le contournèrent, laissant les porteurs y déposer le cercueil. Celui-ci fut ouvert, afin que tous puissent voir une dernière fois le défunt.

Pendant ce temps, Louis alla jusqu’à l’autel, fit une génuflexion, récita une prière à voix basse


Citation :
Dieu tout puissant, et vous Aristote et Christos, pardonnez mes péchés, et donnez moi la force de bien vous servir en cet office. Que mes paroles sachent apaiser et réconforter les cœurs meurtris de mes frères et sœurs.

et se tourna vers l’assistance, assez nombreuse, assemblée dans l’église.

Saint-Prigent ouvrit ensuite la cérémonie, une fois que tout le monde eut regagné sa place :

— Mes amis, Mes frères, Mes soeurs nous voici tristement réunis aujourd'hui en ces lieux afin de rendre un dernier hommage terrestre à notre frère Pierre, seigneur de Camblaynes.

Accompagnons ses proches dans ce moment douloureux et témoignons leur toute notre amitié dans cette épreuve où ils doivent dire au revoir à une personne qui aura marqué leur vie.


Il poursuivit :
— Mais avant toute chose, demandons pardon au Très-Haut pour les fautes que nous avons commises, adressons-lui cette requête qui en ce jour revêt un sens particulier au regard du passage de notre frère devant Lui afin qu'Il juge ses actes.
Louis joignit les mains et dit :

Ensemble, demandons pardon au Très-Haut !

Je confesse à Dieu mes fautes. Je demande pardon au Très-Haut et à tous les Saints pour les péchés que j'ai pu commettre et qui m'ont éloigné de la Vertu. Dieu puisses tu m'accorder l'absolution et la rémission de tous mes péchés. Amen.


Le jeune diacre laissa un instant le recueillement flotter puis reprit :
— Réaffirmons maintenant notre foi en Notre Père, en Son Eglise, en Ses prophètes et leurs préceptes, récitons notre Credo.
Il entama la prière :
Je crois en Dieu, le Trés-Haut tout puissant,
Créateur du Ciel et de la Terre,
Des Enfers et du Paradis,
Juge de notre âme à l'heure de la mort.

Et en Aristote, son prophète,
le fils de Nicomaque et de Phaetis,
envoyé pour enseigner la sagesse
et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.

Je crois aussi en Christos,
Né de Maria et de Giosep.
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis.
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce,
Il est mort dans le martyre pour nous sauver.
Il a rejoint le Soleil où l'attendait Aristote à la droite du Trés-Haut.

Je crois en l'Action Divine;
En la Sainte Eglise Aristotelicienne Romaine, Une et Indivisible;
En la communion des Saints;
En la rémission des péchés
En la Vie Eternelle.

Amen.
[/quote]

Les échos des deux prières reprises par l'assemblée des fidèles se résonnaient sous les voûtes et Louis laissa filer quelques secondes de silence recueilli quand tout le monde se fut tu.

Puis, il se mut à nouveau et continua la cérémonie. Aidé des des deux enfants de choeur, il disposa tout d'abord quelques chandelles allumées près du catafalque tout en déclarant :

— L’Amitié est la lumière du monde, c’est la flamme qui réchauffe notre cœur.
Qu'elle éclaire maintenant la route de notre frère Pierre, qu'elle le conduise maintenant au Royaume du Très-Haut.


Il prit ensuite un objet sur l'autel et le déposa dans le cercueil :
— Pierre, nous déposons cette croix aristotélicienne près de toi.
Cette croix est le signe qui relie Aristote et Christos, qu'elle soit pour toi signe de salut et de vie éternelle.


Les signes de la foi et de la lumière avaient été accomplis, Louis poursuivit :
— Mes amis, ces funérailles nous rappelle deux choses.
Tout d'abord, le souvenir d'un ami aristotélicien qui vient de nous quitter, d'un homme qui avait une histoire, unique, avec le Très-Haut, qui était entouré de tendresse par Lui. Nous voici nombreux dans cette église, autour de Pierre, pour prendre conscience de ce lien d'amour qui l'a toujours uni à Notre Créateur, qui unit chacun de nous à Lui, à tout instant.

Saint-Prigent marqua une courte pause puis poursuivit :
— Ensuite, elles nous rappelle que la mort viendra pour chacun de nous ! Nul n'est éternel ici bas ! Pour les uns se sera tôt, pour les autres plus tard, pour les uns la mort surviendra durant leurs jeunes années, dans la fleur de l'age, pour d'autres durant leur vieux jours.
Le Très-Haut d'ailleurs nous prévient : « Soyez prêts, soyez toujours prêts car vous ne savez ni le jour ni l'heure . »
Aristote nous a guidés et Christos nous invite à prendre exemple sur lui, à trouver notre joie à vivre pour les autres, à aimer comme ils nous ont aimés.
Pierre aura notamment trouvé sa joie et sa raison de vivre dans son engagement pour son village et son duché et plus particulièrement à l'ost où ils laisse tant d'amis et de frères d'armes.
Prions en ce jour pour ceux qu'il laisse mais à qui il aura légué un héritage certain et des souvenirs impérissables, prions pour ceux sur qui il veillera à jamais maintenant qu'il a trouvé sa place auprès de Notre Père.


Un nouvel instant de recueillement fut laissé et elle se dirigea vers l'ambon où avait été installé son Livre des Vertus. Profitant de ce nouveau temps mort dans la cérémonie, il feuilleta l'ouvrage sacré à l'a recherche de l'extrait qu'elle ferait partager aux fidèles réunis.




Après quelques minutes de silence, Louis déclara :

— Nombre de textes du dogme s'intéresse au devenir des hommes après leur décès et nous pouvons tirer nombre d'enseignements des paroles des prophètes et des récits qui nous sont parvenus.
Aujourd'hui, c'est l'une de ces facettes que j'ai choisi de mettre en exergue et c'est pourquoi je vous lirai un extrait de l'Eclipse, récit de Sypous, croyant défunt à qui le Très-Haut a laissé la mémoire après sa résurrection afin qu'il transmette son témoignage aux hommes :

    [...] Nous nous approchâmes si près de l’astre divin que des flammes de plusieurs lieues de long nous frôlèrent. Je me demandai si je n’allais pas partager avec les sept Archanges une bien funeste fin. Mais Michel, sur lequel j’étais toujours juché, me dit: “N’aie crainte et regarde.”. Je vis alors les flammes qui couvraient le soleil s’ouvrir, pour laisser place à un magnifique spectacle. Sous cette couche brûlante se trouvait ce dont j’avais entendu parler depuis ma plus tendre enfance, sans jamais savoir ce en quoi cela consistait : le Paradis!

    Nous atterrîmes dans un lieu magique. Tout était baigné d’une douce lumière. Où que je regardais, je ne trouvais pas la moindre obscurité. A perte de vue, il n’y avait ni habitation, ni la moindre construction. Ceux qui avaient faim se servaient sur les arbres fruitiers. Ceux qui appréciaient les plaisirs de la détente s’allongeaient dans l’herbe. Des enfants jouaient innocemment, riant et courant à travers les hautes herbes. Les sept Archanges me prévinrent qu’ils devaient me laisser, leur mission étant terminée. Je les remerciai grandement et leur dis au revoir.

    Je décidai de visiter ces lieux enchanteurs. Tous ceux que je rencontrais me souhaitèrent la bienvenue en me souriant. Je leur rendais leur sourire et les remerciais. Tout respirait le bonheur, la bonté et la joie. Alors que je m’approchai d’une petite fontaine où l’eau semblait si claire que je ne résistais pas à l’envie de m’y désaltérer, je vis deux hommes discuter. Ils me remarquèrent et me firent signe de venir. J’eus alors en face de moi rien de moins qu’Aristote et Christos. Ils m’accueillirent avec la plus grande gentillesse. Ils me demandèrent si les lieux me plaisaient et si j’avais fait un bon voyage. J’étais si ému que je ne savais pas quoi répondre. Je bafouillai quelque vague parole, alors que j’essayai encore de réaliser qui se trouvait devant moi.
    [...]
    > Livre des Vertus, Tome 1 - Le mythe Aristotélicien, L'Eclipse : Chapitre VII - Le paradis


Louis referma le livre après s’être signé, puis enchaîna :
— Mes amis, lorsque l'on perd quelqu'un, on ne voit que le vide causé par sa perte. Sans même y songer, l'on s'attache à tout ce qui ne sera plus, à tout ce que l'on verra plus, à tout ce que l'on ne fera plus et cette prime réaction est tout à fait normal. La douleur anesthésie notre capacité à voir au-delà de ce vide et je pense qu'il faut, aussi difficile que cela soit, en passer par ces moments de turpitude. Et c'est là que la foi nous aide car ce recul que l'on ne peut avoir de soi-même et qu'il ne faut de toute façon pas chercher à atteindre trop vite, elle nous le présente. Et cette foi s'exprime dans nos textes et c'est dans ces textes que l'on peut puiser la possibilité d'avancer. Et ce passage de l'Eclipse est l'une de ces sources d'apaisement.
Après la mort, les hommes sont soumis au jugement du Très-Haut qui prend en compte pour trancher tout ce que celui qui se présente à lui a accompli. Là, deux voies sont possibles : l'Enfer Lunaire et le Paradis Solaire. Et c'est ce paradis que décrit Sypous et là réside l'espoir car les hommes vertueux sont certains de vivre leur éternité dans un lieu où la paix, la joie, la sérénité et l'amour du Très-Haut. Et le Très-Haut dans Son infinie mansuétude accorde à ceux voulant se racheter la possibilité de revenir sur terre.
Nous savons que Pierre ne reviendra pas et que le vide de son départ ne pourra être comblé. Mais accrochons à deux éléments : Pierre a choisi de partir définitivement, il a choisi, laissant s'exprimer son libre-arbitre, il ne s'est pas retourné car il le voulait. Ensuite, par tout ce que nous savons de lui, nous avons la certitude que c'est bien sur le Soleil qu'il se trouve. Alors, dans les moments de doute, dans les instants où la tristesse est par trop intolérable, songez à ce que désormais, il est en paix et que cette paix, il l'a voulue et l'a trouvée.

Il conclut :
— Mes amis, louons le Très-Haut pour Son juste et éclairé amour.

Enfin, le jeune seigneur revint près du catafalque et d'une voix plus ténue il invita ceux souhaitant parler à se faire connaître :

— Mes amis, mes frères, mes soeurs, je vais maintenant laisser la parole à ceux qui souhaiteraient s'exprimer, qui désireraient évoquer le souvenir de Pierre et qui voudraient rendre hommage à leur ami.

Le Jeune Diacre se tut et attendit, allant s'assoir dans le siège ecclésial. [/quote]

Il y eut quelques interventions, plus ou moins longues et Louis les avait écoutées comme il écoutait à chaque fois les prises de parole lors des enterrements, avec un masque poli.

Ne sachant toujours pas où aller, il finit par s'approcher à nouveau du catafalque et brisa le silence qui s'était de nouveau installé :


—Mes amis, avant de quitter cette église, adressons un dernier adieu à notre frère Pierre. Avec respect et affection, confions-le au Très-Haut dans l'espérance de nous retrouver un jour avec lui auprès de Lui.

Louis se tut quelques secondes puis dit :
— Avec tous ceux qui nous ont précédés et qui vivent déjà auprès du Seigneur, avec l'immense cortège des saints, nous souhaitons un bon dernier voyage à son enveloppe charnelle.

Il retira la croix qu'il empocha et fit signe aux porteurs. En procession, ils partirent pour la mise en terre au cimetière.


Le glas résonna alors à nouveau.
[/quote]

Arrivés devant l'emplacement de la future sépulture, l'assemblée se rassembla, formant un cercle autour de la tombe.

Louis dit :
Mes amis, nous allons maintenant confier à la terre le corps de notre frère Pierre dans ce lieu où reposent déjà tant de défunts de nos familles. Le moment est venu de lui dire "à Dieu".
C'est un moment de tristesse, mais il faut que l'espérance reste forte en nous. car nous espérons le revoir quand Dieu nous réunira, dans la joie de son Royaume.
Recueillons-nous en pensant à tout ce que nous avons vécu avec lui, à ce qu'il est pour nous, à ce qu'il est pour Dieu.


Le silence etait fort pesant, les pleurs se faisant entendre. Louis n'aimait pas ce moment, revoyant le cercueil de son défunt père descendant dans la cripte familiale au château de Montfort. Louis se ressaisit, aspergea le cercueil d'eau bénite et dit :

Cette eau, souvenir de ton baptême,
nous rappelle que Dieu a fait de toi son enfant.
Qu'il te reçoive aujourd'hui dans sa Paix !"


Enfin, Louis fit signe au fossoyeur de rester à proximité. Il invita chacun des membres de l'assistance à passer et jeter une poignée de terre dans la tombe, en leur montrant l'exemple.
Ceci dura quelques longues minutes. Puis les fossyeurs finirent de combler le trou et plantèrent la stèle funéraire.


Louis regagna l'Eglise et s’agenouilla et rendit grâce, et signa le Certificat de Décès qu’il remit à la noble famille du Défunt, afin que l'Hérauderie puisse engager la procédure de succession.

Citation :


Certificat de Décès


Nous, Louis de Saint-Prigent, Diacre, confirmons devant le Très Haut, et sous le regard d’Aristote, le décès de:

Pierre, Seigneur de Camblaynes

Célébré par Louis de Saint-Prigent, Diacre, la cérémonie de funéraille a eu lieu le vingt septième jour du mois de Mars de l’An du Seigneur MCCCCDIX en l'église de X

Ad perpetuam rei mémoriam
[i]Faict le vingt-septième jour du mois de Mars de l’An du Seigneur MCCCCDIX à X


Louis de Saint-Prigent,
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